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Manger, bouger… mais dormir aussi !
18 janvier 2012
Le temps consacré au sommeil a tendance à diminuer dans les sociétés modernes. Or, le manque de sommeil est fortement soupçonné de favoriser l’obésité et un certain nombre de maladies de civilisation.
16 % des jeunes adultes vivant aux Etats-Unis dormaient moins de 7 heures par jour en 1960 ; ils seraient étaient 37 % en 2001.
Le raccourcissement du temps de sommeil est un phénomène général observé depuis quelque temps dans un certain nombre de pays réputés pour leur « productivité », là même où l’on note un accroissement du taux d’obésité et de surpoids.
Certaines études montrent que dormir moins de 7 heures par jour pourrait augmenter l’indice de masse corporelle (IMC) et le tour de taille.
Une étude portant sur les familles du Québec montre que les plus importants facteurs explicatifs de l’obésité ne seraient pas ceux qui influencent directement la dépense énergétique ou les apports caloriques. L’insuffisance des apports de calcium, un comportement désinhibé par rapport à la nourriture et encore plus le manque de sommeil seraient des facteurs prédictifs d’obésité passant avant tous les autres. Bien avant l’obésité des parents, l’excès de télévision, le manque d’activité physique ou le faible niveau socio-économique…
Une privation de sommeil pendant une nuit complète diminue la dépense énergétique et perturbe les cycles hormonaux. D’autres études ont estimé qu’un temps de sommeil insuffisant pouvait augmenter les apports caloriques le jour suivant, jusqu’à 550 kcal.
Lors d’un régime visant à perdre du poids, il a aussi été observé que ceux qui ne dormaient que 5,5 heures par nuit mangeaient plus et perdaient moins de graisse corporelle que ceux qui dormaient 8,5 heures.
Ainsi, la privation de sommeil pourrait influer sur les hormones qui régulent l’appétit. Avec la baisse des taux de leptine, l’augmentation des taux de ghréline et de cortisol, on observe un désir de manger accru et une diminution de la tolérance au glucose. L’hypoglycémie liée aux variations du temps de sommeil augmenterait l’intolérance au glucose. D’où un risque plus grand de voir apparaître un diabète de type 2. Chez un petit dormeur (moins de 6 heures par nuit), le risque serait multiplié par 2,4 par rapport à celui d’un dormeur moyen (7-8 heures par nuit).
Le seuil semble se situer autour de 6 heures de sommeil, avec des exceptions. Les petits dormeurs en parfaite santé sont gratifiés d’une grande longévité.
Merci à Nutrinews
Pr Angelo Tremblay (Université Laval)
American Journal of Clinical Nutrition, volume 93, p. 1229-1236.
Nutritions & Endocrinologie, volume 9, n° 50, p. 86-88.



