La perception des quantités consommées

08 décembre 2011

Cette synthèse permet de résumer l’état des connaissances sur l’estimation des calories, en particulier, d’examiner le rôle de trois actions marketing - augmentation de la taille des portions, communication nutritionnelle et notamment les allégations « bon pour la santé Â» et la combinaison dans un même plat ou dans un même repas, d’aliments catégorisés comme «bons» et «mauvais» pour la santé.

L’accroissement de la taille des portions et le développement des allégations de type « bon pour la santé » incitent à manger trop, car d’une part l’estimation des calories ingérée est biaisée, et que d’autre part l’allégation « bon pour la santé Â» autorise instinctivement à sous-estimer la valeur énergétique du produit.

Les consommateurs seraient-ils dupés insidieusement par les industriels ?

La tendance est à la surconsommation de calories alors que le consommateur est persuadé d’en absorber moins !

Tout d’abord, la taille moyenne des portions a augmenté depuis 20 ans. Or, plus la portion est grande, plus les calories sont sous-évaluées. S’ajoute un effet d’optique qui permet à l’œil de sous-estimer le volume du packaging pour peu qu’il le voit en 3 dimensions. Ainsi, une cannette aux formes allongées paraît plus menue et moins contenante. L’étude Brian Wansink 2007 a montré qu’une augmentation de 50 % du contenu dans les fastfoods, était perçue comme étant de 26 % seulement.

Enfin, une allégation de type «bon pour la santé» fait baisser systématiquement l’estimation des calories par le consommateur. L’argument «allégé» étant particulièrement trompeur, car il signifie moins de gras ou moins de sucre, mais pas forcément moins de calories.

L’ajout de salade à un même hamburger le rend moins calorique, comme si la salade apportait des calories négatives !

Face à ce constat, il est nécessaire de rester vigilant face aux portions imposées et toujours résister à acheter plus pour moins cher. En matière de santé alimentaire, le plus est ennemi du tour de taille. Il devient donc indispensable de réduire les portions que l’on consomme, éventuellement en allant contre le principe de base de notre éducation et ne pas finir notre assiette.

Pierre CHANDON, Pascale Hebel

Lettre scientifique IFN n° 147 - janvier 2011

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