Régimes alimentaires : mieux les connaître pour mieux choisir

L’alimentation ne se résume pas à compter des calories ou à aligner des nutriments. C’est aussi une affaire de choix, parfois conscients, parfois culturels ou éthiques. Pourtant, chaque régime – végétarien, occidental, vegan ou flexitarien – influence différemment notre santé en modifiant les apports en protéines, fibres, vitamines ou minéraux. Quels bénéfices, quels risques, quelles limites ? Petit tour d’horizon pour y voir plus clair.

Avant d’entrer dans les spécificités de chaque régime, rappelons l’essentiel : notre corps a besoin d’une certaine quantité de différents nutriments pour assurer ses fonctions vitales. Protéines, glucides, lipides, vitamines, minéraux, fibres… : tous ont un rôle à jouer1.

Les bases : de quoi notre corps a-t-il vraiment besoin ?

Les protéines fournissent les briques (acides aminés) nécessaires à la construction et à l’entretien des muscles, organes, enzymes, hormones… ; les glucides sont le principal carburant de l’organisme ; les lipides servent de réserve d’énergie dans le tissu adipeux et participent à la structure des cellules ; les grandes familles des vitamines et des minéraux jouent un rôle primordial dans de nombreuses fonctions biologiques. Elles régulent le système immunitaire, interviennent dans la croissance et sur le système nerveux, ont des fonctions anti-oxydantes, participent à la solidité des os et des dents… ; les fibres sont cruciales pour la digestion, la satiété et la santé du microbiote intestinal.

Des apports variables selon les aliments… et donc les types de régimes

Les compositions en nutriments des différentes catégories d’aliments sont très variables : la viande est riche en protéines, en fer, en vitamine B12 ; les fruits et légumes contiennent des fibres et de nombreuses vitamines, principalement B9, bêta-carotène et C, etc. Un régime comportant principalement des végétaux n’aura donc pas le même profil nutritionnel qu’un régime riche en viande.

Occidental : tout est permis… mais à quel prix pour la santé ?

Le régime occidental, ou « omnivore » observé en Europe, ne comporte aucune restriction ; on y mange de tout. Par rapport aux recommandations nutritionnelles2,3,4, on consomme trop de produits d’origine animale ou ultra transformés, donnant lieu à des excès de protéines, graisses saturées et sel, et pas assez de fruits et légumes, céréales complètes et poisson gras, générant une consommation trop faible de fibres, fer, folates, iode, calcium ou oméga-3 par exemple. Ce type de régime est associé à un risque plus élevé de développer un surpoids, du diabète, des maladies cardiovasculaires et certains cancers.

Végétalien : fibres et antioxydants en force, attention aux carences

À l’inverse, le régime végétalien (qui exclut tous les produits d’origine animale, y compris les œufs, le lait, le miel…) offre des apports élevés en fibres, antioxydants et graisses insaturées, avec des bénéfices sur la santé cardiovasculaire et le diabète, mais présente des risques de carences (vitamine B12, fer…) s’il est mal planifié2,3. Il est à ce titre déconseillé chez le nourrisson, l’enfant et l’adolescent4, la femme enceinte ou allaitante.

Végétarien : entre équilibre et vigilance

Le régime végétarien (qui puise sa source de protéines dans les végétaux tels que les légumineuses et les céréales, et qui n’exclut « que » la viande et le poisson) réduit ces risques de carences, tout en conservant les mêmes bénéfices pour la santé (car il est aussi riche en fibres, antioxydants et acides gras insaturés). 2,3 Le pesco-végétarisme, qui autorise le poisson, réduit encore davantage les risques de carences.

Flexitarien : un concept aux multiples visages

Quant au régime flexitarien – régime riche en produits d’origine végétale, dont la consommation de viande est limitée et n’excluant aucune catégorie d’aliments -, il présente des bénéfices proches du végétarisme, tout en permettant une couverture complète des besoins nutritionnels2,3. Concrètement, « manger flexitarien » regroupe une grande variété de pratiques alimentaires : régime méditerranéen, régime occidental avec des repas végétariens réguliers, régime végétarien avec des repas occasionnels à base de viande, etc. Du fait de son côté flexible, il est aujourd’hui largement plébiscité pour accompagner la transition vers une alimentation plus durable.

Au-delà des nutriments : plaisir, culture et convictions

Il faut garder à l’esprit que les études en nutrition se basent sur des apports et des besoins « moyens », calculés pour une population globale. Mais les besoins en nutriments peuvent sensiblement varier d’un individu à l’autre selon leur métabolisme, leur âge, leur niveau d’activité physique, leur état de santé… Et l’alimentation n’est pas qu’une affaire de nutriments : elle inclut aussi un rapport au plaisir, à la culture, à la planète, aux convictions éthiques.

Que vous mangiez de tout, que vous réduisiez la viande ou que vous soyez végétalien, l’important est d’avoir conscience des besoins de votre corps et d’ajuster vos apports en conséquence. Informez-vous, expérimentez, consultez des professionnels de l’alimentation si vous sentez des déséquilibres. Le meilleur régime ? Celui qui nourrit à la fois votre corps, vos convictions et votre plaisir.

 Références

1Alimentation : quels besoins et apports nutritionnels ?, Anses

2 Moreno, L., et al. Perspective: Striking a balance between planetary and human health—Is there a path forward? Advances in Nutrition, 2022.

3 Viroli, G., et al. Exploring benefits and barriers of plant-based diets: Health, environmental impact, food accessibility and acceptability. Nutrients 2023, 15, 4723.

4 Recommandations du Groupe francophone d’hépatologie, gastroentérologie et nutrition pédiatriques (GFHGNP), 2020.

Sources :

(1) https://gfieurope.org/industry/european-consumer-insights-on-the-alternative-protein-sector/