Une école québécoise crée une forêt comestible

CommunauTerre est un projet d’agriculture urbaine conçu par deux enseignants québécois pour initier concrètement leurs élèves aux saines habitudes alimentaires tout en les sensibilisant aux enjeux environnementaux.

À la rentrée scolaire 2016, Chantal Lessard et Étienne Breton décident de créer un jardin potager avec leurs élèves. À la rentrée 2017, forts du succès de cette première expérience d’agriculture urbaine, ils décident d’y ajouter une forêt comestible. Retour sur un parcours inspirant.

 

Découvrir comment poussent les légumes

En l’espace de quelques mois, le terrain coincé derrière le stationnement de l’école se transforme alors en un potager parfaitement organisé. « Pour en arriver là, plus de 200 élèves ont travaillé fort » souligne Étienne Breton, co-fondateur du projet CommunauTerre. « Dès le départ, nous avions pour objectif de créer un jardin durable et qui nécessite le moins d’entretien possible ». En plus de planter les légumes et les fines herbes, les élèves bâtissent donc une remise équipée d’un système solaire qui permet de faire fonctionner la pompe à eau. Dès la rentrée scolaire 2017, navets, tomates, concombres, courgettes et carottes du jardin figurent ainsi au menu de la cafétéria. « Les plats qui contiennent des produits du potager sont clairement identifiés. De cette manière, les élèves suivent le parcours du potager à l’assiette » mentionne Étienne Breton.

 

Une forêt comestible

À la rentrée 2017, les enseignants décident de pousser leur projet d’agriculture urbaine encore plus loin. Objectif : créer la première forêt comestible de Lac-Mégantic. Leur approche reste identique : adopter des pratiques agricoles durables et réduire l’entretien au maximum. La permaculture s’impose alors d’elle-même. Dans un premier temps, les élèves préparent donc le site. Ils participent à l’excavation du terrain, tracent les sentiers, ajoutent de la terre végétale biologique… À l’automne 2018, la plantation peut commencer. Pommiers, pruniers, poiriers, cerisiers, ainsi que bleuets, mûriers, framboisiers se partagent l’espace. Caraganiers et amélanchiers complètent également la forêt pour favoriser la pollinisation et attirer les oiseaux. En tout, 150 jeunes arbres et arbustes fruitiers cohabitent donc au sein de cette forêt comestible.

 

Laisser une trace

Les élèves ont participé à toutes les étapes de la création de cette forêt comestible. De la réalisation du plan d’aménagement à la plantation, en passant par la préparation du terrain, plus d’une centaine de jeunes se sont ainsi impliqués dans le projet. Et s’impliquent encore. « Un groupe d’élèves travaille actuellement sur l’installation de réservoirs et de pompes. Notre intention est de recueillir et d’utiliser l’eau de pluie pour l’arrosage », ajoute Étienne Breton.

Pour permettre aux racines des arbres fruitiers de s’ancrer profondément dans le sol, les fruits seront cueillis avant maturité. Même si cette première année ne donnera pas de récolte, élèves et enseignants attendent l’éclosion printanière avec impatience. Un signe tangible du travail accompli. L’été prochain, la Coopérative jeunesse de services locale s’assurera de l’arrosage, de la récolte et de la vente des produits sur les marchés publics. Les restants seront remis aux plus démunis, par le biais des organismes communautaires ou des frigos communautaires.

« À travers ce projet d’agriculture urbaine, les élèves ont conscience de laisser une trace positive à l’école. Une trace que leurs propres enfants pourront voir un jour » conclue Étienne Breton.

 

 

Les 7 conseils d’Étienne Breton pour se lancer dans un projet d’agriculture urbaine

  • Être prêt à s’investir sur une longue période.
  • Être créatif dans la façon de voir le projet.
  • S’entourer de personnes qui croient au projet: direction, autres enseignants, élèves et employés de soutien.
  • Posséder diverses habiletés manuelles ou avoir envie d’apprendre.
  • Prendre le temps de remplir des demandes de subventions car il y en a plusieurs. C’est souvent la première qui est la plus difficile à avoir.
  • Ne pas vouloir réaliser tout dès la première année… Cela donne le temps de faire de meilleurs choix à long terme.
  • Acheter de bons gants!

 

Jardin CommunauTerre est l’un des lauréats de l’appel à projets de 100º “S’approvisionner autrement: fruits et légumes à l’année pour tous!”, conduit en partenariat avec la Fondation Louis Bonduelle.

100º est la référence en saines habitudes de vie au Québec.

 

Ressources

Jardin CommunauTerre