Rencontres 2018: l’agriculture urbaine avec une talklist exceptionnelle

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Pointez le 12 juin dans votre agenda! Les Rencontres de la Fondation Louis Bonduelle vous donne rendez-vous en partenariat avec la Chaire UNESCO Alimentations du monde. Il est temps de prendre de la hauteur et de regarder notre planète depuis l’espace pour mieux comprendre l’impact de l’agriculture urbaine sur notre alimentation! Elles sont chercheurs et détiennent à elles-deux, les secrets de l’accès pour tous à une alimentation durable et de qualité, des campagnes à la ville: nos deux oratrices, Julie Le Gall et Christine Aubry.

Julie Le Gall

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Julie Le Gall est enseignante-chercheure en géographie à l’Université de Lyon, rattachée au département des sciences sociales de l’Ecole normale supérieure de Lyon, à l’Ecole urbaine de Lyon et au laboratoire Environnement Ville Société (UMR 5600). Elle est spécialisée dans l’analyse des processus qui encouragent la justice agroalimentaire, soutiennent l’agriculture familiale ainsi que l’accès à tous à une alimentation durable et de qualité. En travaillant autour des liens entre champ et assiette, producteurs et consommateurs, campagnes et villes, elle réfléchit et agit en vue de construire des sociétés plus inclusives.

Son projet, MARGUERITE
«Le projet MARGUERITE fait partie d’une réflexion entamée depuis 2013 autour des thématiques de la justice alimentaire et de l’agriculture. À l’origine du projet MARGUERITE, il y a l’intérêt pour le maintien des petites agricultures familiales et une envie forte de garder un pied dans l’action, notamment à destination des jeunes générations. Le projet implique d’abord des collégiens de Vénissieux puis une douzaine d’établissements, en interdisciplinarité, dans le cadre de l’éducation au développement durable et en réponse aux parcours sur la citoyenneté, les futurs métiers, la santé, l’art. Quatre volets sont travaillés en système pour faire le lien entre l’agriculture et l’alimentation: la production, la commercialisation, la nutrition-santé et la solidarité alimentaire. Les adolescents découvrent ainsi l’importance de la conservation des terres agricoles, du métier d’agriculteur, des différents types d’agriculture, mais parlent aussi des addictions au sucre et des problèmes de précarité alimentaire. Les premiers résultats invitent par exemple à repenser la notion d’agriculture de proximité et viennent défier les préjugés sur les préoccupations des quartiers les plus démunis en matière d’alimentation.»

Christine Aubry

Depuis 2012, Christine Aubry, ingénieure agronome, dirige une équipe de recherche INRA/AgroParisTech à Paris sur les agricultures urbaines (intra urbaines et périurbaines) et la végétalisation des villes et leur périphérie. L’équipe travaille sur l’analyse des fonctions des diverses formes d’agriculture urbaine surtout en France. Elle intervient aussi à Madagascar sur l’agriculture urbaine et a été à l’initiative avec les fondateurs de Topager® du toit expérimental potager d’Agroparistech. Elle dirige aussi le Bureau d’Expertises Exp’AU.

Sa vision de l’agriculture urbaine
«En France, mes recherches ont tout d’abord porté sur les formes d’agriculture périurbaine. Celle-ci peut continuer à présenter des systèmes de production proches des régions rurales sans spécificité « urbaine » particulière, ni dans les productions, ni dans les modes de commercialisation (grandes cultures, vignobles de grande production, élevage inséré dans des filières longues,…). On constate cependant que de plus en plus, cette agriculture périurbaine cherche à augmenter ses liens avec la ville. Cela s’illustre par des systèmes de production souvent maraîchers, où avec de nouvelles formes de circuits courts on « retrouve » une ancienne fonction de nourrir la ville en proximité (et aujourd’hui ces systèmes participent fortement au développement du bio ou de nouvelles tendances comme la permaculture). Mais également par l’association des exploitions et des ateliers de production tournés vers la ville (par exemple un atelier de maraîchage ou de poules pondeuses associé à une exploitation de grande culture).»

«Depuis les années 2010, on constate un fort développement de l’agriculture intra-urbaine en Europe, en Asie et aux Etats-Unis, et notamment en France avec une diversification des formes et des objectifs. Il apparaît des serres sur les toits comme la Lufa farm à Montréal, des «open air roof-top gardens» (toits potagers), mais aussi des formes intermédiaires entre fermes péri-urbaines en maraîchage et jardins associatifs, que nous appelons microfermes urbaines multifonctionnelles. Emergent alors deux dimensions de l’agriculture urbaine: la vente en circuit « ultra court », lorsqu’on est en intra-urbain, qui rencontre un énorme engouement, et le développement de projets à vocation au moins en partie associative et sociale

«Il existe aujourd’hui un véritable enjeu socio-économique dans le maintien et la consolidation de l’agriculture périurbaine qui participe à l’alimentation de la ville (le Blé de l’Île de France ne devrait-il pas d’abord alimenter l’Île de France en le valorisant comme tel?). Cette nécessité est aussi vitale pour soutenir la qualité de notre alimentation

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Pour continuer à découvrir les orateurs des Rencontres,
consultez les articles qui leurs sont dédiés!