Tout ce qu’il faut savoir sur le gaspillage alimentaire

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Économiser de l’argent, protéger l’environnement et même nourrir la population mondiale grandissante, ce ne sont pas les arguments qui manquent pour encourager la réduction du gaspillage alimentaire. Coup de projecteur sur ce phénomène alarmant…mais évitable!

Autour de nous, les initiatives se multiplient pour lutter contre le gaspillage alimentaire, signe qu’une partie des acteurs de la chaîne alimentaire prend conscience de ce phénomène dont l’ampleur devient colossale. Car selon la FAO, ce n’est pas moins de 1,3 milliard de tonnes de denrées alimentaires qui sont perdues ou gaspillées chaque année, soit un tiers des aliments produits pour l’alimentation humaine1.

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Nourrir le monde en 2050 en réduisant le gaspillage alimentaire

Le consommateur se trouve aujourd’hui face à une offre alimentaire extrêmement diversifiée et abondante. L’augmentation démographique risque d’accentuer encore cette situation, car pour nourrir les 10 milliards d’individus que peupleront la planète en 2050, l’offre alimentaire mondiale va devoir augmenter de 60% par rapport au niveau de 20062. Et cette augmentation de la production risque d’être mise en difficulté par les changements climatiques qui menacent l’agriculture mondiale.

Un meilleur usage des denrées alimentaires disponibles pourrait alors être décisif. Selon les estimations, en réduisant le gaspillage alimentaire de moitié, l’augmentation de la production alimentaire mondiale nécessaire pour nourrir le monde en 2050 ne devra être augmentée «que» de 25%2,3. La réduction du gaspillage alimentaire permettrait ainsi de diminuer la pression sur les ressources naturelles et de contribuer à la sécurité alimentaire mondiale.  

La différence entre pertes et gaspillages alimentaires

Les pertes et gaspillages alimentaires surviennent tout au long de la chaîne alimentaire.

Les denrées perdues lors de la chaîne d’approvisionnement, qui va de la production à la distribution, sont considérées comme les pertes alimentaires. Elles sont causées par des problèmes rencontrés avant la récolte (conditions climatiques, parasites,…) ou lors de la récolte, la manipulation, l’entreposage, l’emballage ou le transport des aliments. C’est bien souvent le manque d’outils, d’infrastructures, de technologies, de compétences et/ou de connaissances qui en sont responsables.

On parle plutôt de gaspillage alimentaire au stade de commercialisation et de consommation des aliments. Ce terme fait référence aux denrées alimentaires propres à la consommation humaine, mais qui sont finalement: jetées (achat en trop grande quantité, mauvaise conservation, dates de péremption trop proches ou dépassées,…) ou détournées vers des usages non alimentaires (aliments non conformes aux critères esthétiques imposés par le marché,…)4

Le paradoxe des pays développés et des pays en voie de développement

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les pertes et gaspillages alimentaires sont comparables dans les pays développés et les pays en voie de développement. Ils s’y élèvent respectivement à 670 et 630 millions de tonnes chaque année. Cependant, les causes sont très différentes entre ces deux parties du monde5.

Bien que les pays développés gaspillent à chaque niveau de la chaîne alimentaire, c’est au niveau des ménages que celui-ci est le plus conséquent. En Europe par exemple, les consommateurs contribuent à 53% du gaspillage alimentaire6. Aux États-Unis, environ 150 000 tonnes de nourriture sont jetées chaque jour au niveau des ménages, ce qui correspond à 1/3 des calories quotidiennes ingérées par les Américains7.

Dans les pays en voie de développement, les pertes et gaspillages alimentaires surviennent majoritairement durant les premiers stades de la chaîne alimentaire, soit de la production à la transformation. La contribution des consommateurs dans le gaspillage alimentaire est très faible. Chaque habitant gaspille 6 à 11 kg d’aliments par an, soit 10 fois moins que dans les pays développés2

Les aliments végétaux sont les plus touchés par le gaspillage

Selon la FAO8, les pertes et gaspillages alimentaires concernent:

  • 45% des fruits et légumes, ce qui correspond à 3,7 trillions de pommes.
  • 45% des racines et tubercules, ce qui représente plus d’un milliard de sacs de pommes de terre.
  • 35% des poissons et fruits de mer, soit l’équivalent d’environ 3 milliards de saumons d’Atlantique.
  • 30% des céréales, ce qui représente 763 milliards de boîtes de pâtes.
  • 20% des légumineuses et fruits oléagineux, soit l’équivalent de la quantité d’olives nécessaires pour produire assez d’huile d’olive pour remplir près de 11 000 piscines olympiques.
  • 20% de la viande, ce qui correspond à 75 millions de vaches.
  • 20% des produits laitiers et œufs, soit l’équivalent de 574 milliards d’œufs.

Combien coûte le gaspillage alimentaire?

Le coût économique direct des pertes et gaspillages alimentaires (sans compter les poissons et les fruits de mer), basé uniquement sur les coûts de production, s’élève à 750 milliards de dollars, soit approximativement le produit national brut de la Turquie ou de la Suisse. La viande ayant un coût de production par kilogramme important, elle est responsable à elle seule de 20% du coût des pertes et gaspillages alimentaires, bien qu’elle ne contribue qu’à environ 4% de ceux-ci2.

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Répercussions sur l’environnement

La production, mais également l’élimination de denrées alimentaires qui ne seront jamais consommées, ont des conséquences néfastes sur l’environnement. Ils mobilisent inutilement des ressources telles que l’énergie, les terres cultivables, l’eau, le carburant, les engrais ou encore les pesticides.

  • L’empreinte carbone des pertes et gaspillages alimentaires est estimée à 3,3 gigas tonnes d’équivalents CO2. S’ils représentaient un pays, il serait le 3e plus grand contributeur de gaz à effet de serre sur la planète, juste derrière les États-Unis et la Chine.
  • La quantité d’eau douce utilisée pour la production des denrées perdues et gaspillées s’élève à 250 km3, soit l’équivalent de 1 488 piscines de 7×12 m.
  • Les denrées produites n’allant jamais arriver dans l’assiette des consommateurs occupent 1,4 milliard d’hectares de terres arables, soit 28% de la superficie agricole mondiale4. Cela représente une surface supérieure à celle de l’Europe et des États-Unis réunis. Les aliments perdus et gaspillés nécessitant la surface la plus importante sont la viande et le lait. Ensemble, ils contribuent à 78% des terres arables mobilisées inutilement, bien qu’ils ne comptent que pour 11% du gaspillage alimentaire.

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Revivre les Rencontres 2014 de la Fondation consacrées au gaspillage alimentaire

1.  FAO, Global food losses and food waste: extent, causes and prevention, 2011.
2.  Blakeney M., Food Loss and Food Waste: Causes and Solutions, Edward Elgar Publishing, 2019.
3.  FAO, Food wastage footprint Impacts on natural resources, 2013.
4.  FAO, Pertes et gaspillages alimentaire, consulté le 07/03/2019.
5.  FAO, Key facts on food loss and waste you should know!, consulté le 07/03/2019.
6.  Parlement européen, Eurobaromètre, «Infographie: les chiffres du gaspillage alimentaire dans l’Union européenne».
7.  Milman O., Americans waste 150,000 tons of food each day – equal to a pound per person The Guardian, 2018.
8.  FAO, SAVE FOOD: Global Initiative on Food Loss and Waste Reduction, 2012.
9.  FAO, Empreintes du gaspillage alimentaire, Les chemins de la durabilité, 2013